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Intérieur de la tour nord est

Intérieur de la tour nord est

Rez-de-chaussée de la tour nord aménagé en salle d'officier en 1916. Décor  mural peint.

Informations techniques

Photographie d'ensemble
Photographie numérique

GIULIATO Gérard
Prospection - Inventaire - 2003

Contexte

Louvigny (Moselle)
Maison forte - 16-16 ; 20e siècles

Thèmes

Artisanat / production, En agglomération

Rez-de-chaussée de la tour nord aménagé en salle d'officier en 1916. Décor mural peint.

Mots-clés

Enduit peint, Mur , Tour, Tour circulaire

Matériaux


Bibliographie

Louvigny, Maison forte, 16-16 ; 20e siècles

(dép. Moselle, cant. Faulquemont)

Thèmes : Habitat fortifié ; En agglomération

La maison forte se dresse en bordure nord-ouest du village en terrain plat. L’édifice actuel est une construction quadrangulaire irrégulière dont seuls les côtés nord (Lg : 39 m) et est (Lg : 30m) sont perpendiculaires. Les côtés ouest (Lg : 25.5 m) et sud (Lg : 40m) sont dissymétriques. Un fossé l’entourait sur quatre côtés (lg 12à 15m). La construction présente une grande homogénéité stylistique. Les murs présentent un parement en moellons équarris et assisés régulièrement. Extraits à proximité, ils proviennent d’un banc calcaire marneux de couleur bleutée(Sinemurien). On trouve encore des parties de mur qui ont conservé leur crépi à la chaux. Les encadrements de baies sont au contraire réalisés en pierre de couleur ocre provenant des carrières de Jaumont (Bajocien supérieur). L’accès se fait par l’angle nord-est. La porte charretière (lg : 2.70m ; l : 3.5m) avec son arc en plein cintre est surmontée d’un cartouche (1.70mx1.20m) portant l’inscription 1536 sur le cadre supérieur. L’intérieur fut remplacé par une inscription allemande de 1916. A gauche, la porte piétonne conserve la trace du pont mobile (planchette) qui se logeait dans une feuillure.  C’est là, qu’en remploi, est placé le double médaillon représentant le couple qui fit construire l’édifice : Claudine de Gournay et Christophe Dorjeaux vers 1536. Il remplaçait une demeure fortifiée mentionnée dès 1378 et tenue en fief par les Gronnais, famille de patriciens Messins.

Cette construction avait eu à souffrir des attaques du duc René I en 1444 et surtout de René II en 1490 en guerre contre la cité Messine.  Le retour d’une paix relative à partir de 1520 pousse les maîtres des lieux à bâtir une résidence qui conciliait le souci de la défense et le goût d’une demeure influencée par la Renaissance. L’édifice conserve en effet un plan ramassé, avec de hautes courtines percées de petites fenêtres. Le flanquement est assuré par trois tours circulaires (de7m diamètre) et un angle arrondi au nord-ouest équipées de canonnières à la française. Notons que la tour sud-est est enveloppée par une seconde tour selon un dispositif inhabituel en Lorraine. Les murs de courtines (ép. : 2m ; h : 12m) servaient d’appui aux corps de logis disposées autour d’une cour centrale.  Au XVIIIème siècle, on y perça de grandes fenêtres rectangulaires pour améliorer le contrefort.

En 1590, la maison forte eut à subir une dernière série d’attaque mais elle resta dans les mains de la famille Semeuze jusqu’en 1715 sans subir les conséquences de la Guerre de trente Ans. Rachetée par les Faures de Fayolle, elle fut habitée jusqu’en 1914. Une nouvelle page de son histoire s’ouvre avec la Première guerre mondiale. Incendiée en 1914, et proche de la ligne de front, elle fut choisie par l’armée allemande comme poste de commandement. Les travaux furent réalisés par la 9ème compagnie du 68ème Régime d’infanterie de la Landwehr comme l’atteste l’inscription placée dans le cartouche au dessus de la porte. Ils consistèrent à installer un blockhaus dans le fossé ouest puis un second dans la cour intérieure.  L’aile nord fut entièrement reconstruite de l’intérieur. On y édifia trois niveaux en béton accessibles par escalier depuis la cour. Entrepôt pour le matériel ou abri pour les hommes ? Tandis que la tour nord est fut aménagée en chambre pour officier avec poêle et murs peints. L’édifice subit des dégâts en 1914 puis lors des combats de septembre 1944. Abandonné à partir de la Libération, il bénéficie de travaux de restauration et de mise en valeur entre 1990 et 2000. L’effacement de l’association qui en assurait la valorisation et le désintérêt de la municipalité propriétaire du site ont fait retomber la maison forte dans l’oubli et en rendent impossible l’accès.

Coordonnées latitude / longitude  : N48°41'41" / E06°04'04"